Article de mars 1974
Dès les premières pages, on sait qu’un écrivain est né. Un étrange climat romanesque entoure Sybilla, belle autant qu’inquiétante. Elle aime les aurores boréales, les confettis, et ces violentes pluies d’Afrique dont “les fouets liquides et véhéments” frappent le sol de latérite rouge. D’une écriture allusive et nerveuse, le roman érotique et pur de l’héroïne se déroule sinueusement, comme une couleuvre. Le teste appelle le trait de Léonor Fini, et l’on imagine Sybilla sous la forme d’une des femmes damnées. L’art d’écrire de Marielle Gallet est un art de peindre. Son style a des transparences, des moires, des irisations. Ce sont des nymphéas de la mémoire, avec des correspondances, des échos, des réminiscences. Le tout offert au “blowing love”. C’est fort beau.
