Article du 20-21 mars 1999 par Christine Arnothy :
Marielle Gallet, avocate à l’écoute de ses clientes, est persuadée que la femme, même si elle le nie, cherche la sécurité. L’héroïne de son roman est architecte de métier, divorcée, mère de deux enfants. Elle prend un amant, un banquier marié. Elle donne aussitôt libre cours à ses rêves. Elle voudrait tenter l’expérience d’être une femme entretenue. Lors d’un de leurs rendez-vous, l’amant lui fait visiter sa maison et passe en revue le lit conjugal et les chambres de ses quatre filles. Il exhibe sa collection de soldats de plomb, ses livres anciens : le portrait de sa mère et les cannes à pêche de son père font partie de la tournée. Le dîner intime est des plus classiques : saumon et champagne. Florence, désenchantée, pénètre l’univers clos de l’autre. Il est évident que Louis ne divorcera jamais, il désire juste des femmes de rechange. D’ailleurs, il est appelé, même pendant le dîner, par un de ses flirts. Florence constate que son Don Juan ressemble à tous les hommes qui ont des fantasmes de polygamie, mais il lui plaît. Alors ? Elle ne devine pas encore les difficultés que la femme légitime lui causera. Libanaise d’origine, d’une jalousie extrême, elle tentera d’envoûter la rivale. A 5 heures du matin, après une nuit d’amour, Louis réveille Florence : son épouse risque d’arriver. La maîtresse doit partir. Il lui sert rapidement un café et la voilà mise à la porte et transportée, déposée comme un paquet chez elle, place de la Sorbonne. Malgré toute la bonne volonté de Louis de garder secrète cette liaison, Florence sera en butte à une variété étonnante de vengeance. Nous sommes soudain entre le Moyen Age et nos jours. Tout est possible lorsque la bataille s’engage contre une femme qui voudrait prendre l’homme de l’autre.
Marielle Gallet n’épargne ni les hommes ni les femmes. Leurs reflets dans le miroir de l’avocate écrivain sont peu flatteurs. Elle nous raconte, lucide et sans l’ombre d’une pitié pour quiconque, une histoire drôle et amère, d’un rythme rapide, parfois vibrante comme un battement de cœur.
