Article du 28 septembre 1986 par G. Ch. :
Connaissez-vous Marielle Gallet ? Moi non plus. Du moins pas avant notre rencontre “Aux Arcenaulx”, chez Jeanne Laffitte où elle est venue présenter son dernier roman “Le Faiseur d’amour”. Je n’avais encore rien lu de cette femme-avocat au barreau de Paris, pas même son premier ouvrage, “L’Hibiscus” édité en 1974.
Lacune à réparer. Car Marielle Gallet n’a rien à envier aux autres écrivains médiatisés, ceux dont on parle à longueur de d’années. Elle sait créer une ambiance, construire une histoire articulée autour de personnages dont les rapports psychologiques sont à la fois complexes et subtils, sa plume est alerte, bref : ça
n’est pas le genre soporifique.
“Le Faiseur d’amour” est le récit d’une femme, Gilla, 30 ans, responsable d’une agence parisienne de publicité qui, un soir après le théatre, rencontre dans un bar américain Bogdan le Polonais, un homme tout en muscles, un peu frustre et dont la rusticité contraste avec la finesse d’esprit de Gilla. Deux regards qui s’attardent
et c’est le déclic de l’amour-passion.
“Mon livre est un roman physique”, dit Marielle Gallet. “Je l’ai dépouillé de toute cérébralité, j’explique les choses sans couper les cheveux en quatre. Le Polonais est un séducteur. Il est l’animal et Gilla est fascinée par son animalité. C’est aussi simple que cela”. Un livre qui réhabilite l’homme au sens premier du terme, et l’ironie veut que le macho satisfasse une femme libérée et de surcroît une ex-soixante-huitarde.
En vingt-huit chapitres (mais le livre est d’un volume normal), Marielle Gallet qui a vécu en Afrique et qui est sensible à certains symboles parvient à constituer un cycle. Le dernier chapitre est écrit à la première personne, c’est l’homme qui évoque ses souvenirs et comme lorsque le temps se fige et que tout semble recommencer, alors il voit Gilla rentrer dans ce bar. Et la boucle est bouclée.
Émotions et sensations. Un livre qui laisse une très fort imprégnation.
