Article du 16 août 2001 par Laurence Haloche
Avocat au barreau de Paris, Marielle Gallet possède un talent évident pour saisir les profils psychologiques. Dans son sixième roman, elle tombe à bras raccourcis – mais avec une immense compassion – sur ces jeunes femmes dont le cœur battu par l’ennui s’emballe tous les soirs, à la même heure, lorsque le présentateur télé anime leur jeu préféré. Employée dans un studio de photos, Églantine Verpillat est l’une de ces fans qui vivent leur existence par procuration. Elle s’octroie sur papier glacé l’intimité des clients dont elle classe les clichés, elle fantasme sur les actrices hollywoodiennes, les mondaines de la jet-set. Elle s’est surtout amourachée d’Ephrem Sainte-Mauve, un animateur vedette du petit écran qu’elle est bien décidée à rencontrer. Naïve, névrosée, fragile, Églantine, prête à tout, empoignera son rêve sans imaginer qu’il va la broyer. Ce roman noir, à la fois touchant et satirique, jette un regard lucide sur ce qui fascine lorsque la vacuité laisse place au factice. Anonymes contre stars de pacotille, tout contre : un sujet d’actualité.
