Article du 4 mars 2004 par Marine de Tilly :
Une voix que l’on imagine douce murmure : “La bouche aussi a fait ses jours et ses nuits, c’est un monde à ma mesure, étoilé, périssable, où se mêlent avec une grâce naturelle le merveilleux et le sordide”. La bouche est justement le domaine de prédilection et le gagne-pain de celui qui, plus loin, déclare : “Je m’appelle Brice et dans la vie j’étais dentiste”. “J’étais”, car le héros de ce roman cocasse et insolite est mort, même s’il a du mal à le croire. [...]
Peut-on partir sans regrets ni remords ? C’est la question que se pose la romancière dans ce septième ouvrage, explorant ce tunnel peut-être promis à tous, ce purgatoire, ce temps d’expiation ou de rédemption. Appelez ce mezzo-termine comme vous voudrez, mais La Dormance sonne plutôt bien. Ce roman, bien écrit – surécrit peut-être -, offre sur le ton du charme le plus court chemin de l’individu de l’âme. Une sorte de précis à l’usage de qui veut réussir le dernier saut, et dominer sa crainte.
