Article du 10 mai 1997 de Roger Dumont
Jacques-Alain Ménard va sortir de prison où il vient de passer cinq ans pour voir agressé et violé une fillette, Fanny, restée aphasique depuis le drame. Deux femmes attendent la sortie du monstre : sa mère et Adélaïde qui est la mère de Fanny…
L’originalité de ce roman très contemporain tient au fait qu’il est articulé en deux récits. Celui qui fait l’observateur anonyme, en l’occurrence l’auteur et celui que fait Jacques-Alain Ménard à l’esprit toujours en dérive, incapable de se reconnaître dans des actes qui n’ont fait que perturber les spécialistes auxquels il livrait “des souvenirs et fantasmes non conformes” qu’ils ne pouvaient pas traiter. Face au juge d’instruction, il se rebellait contre l’innocence présumée des enfants mais le juge lui notifiait qu’il n’était pas là pour discuter avec lui mais pour “instruire un crime de viol et des délits d’agression sexuelle et attentats à la pudeur sur des mineures”. Soumis à une thérapie, le psychopathe considère que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue dans la normalité toute neuve, pas plus d’ailleurs que dans les excès et délires.
L’un des personnages déclare que la nature humaine n’est pas de la géométrie. L’auteur en fait une démonstration remarquable en tirant plus d’une note d’une partition complexe et émouvante.
