Article du 14 mars 1999 par Hubert Lemonnier
Marielle Gallet n’a rien d’une femme rangée. Avocate depuis plus de vingt ans au barreau de Paris, mère de trois enfants, elle n’a jamais véritablement quitté le monde de la littérature. Si elle a publié un roman en 74 et un second en 86, elle a vraiment trouvé le rythme en 1995 puisque depuis cette date, elle en est à son troisième livre.
Après avoir parlé des violeurs d’enfant, elle se consacre maintenant aux femmes. « Tant de questions nous concernant étant dans l’air, qu’il m’a semblé important d’écrire un roman ».
Avec comme thème principal : « Avons-nous fait les bons choix ? ». Lorsqu’on sait que Marielle Gallet fut une féministe convaincue dans les années 70, ce regard prend une autre dimension : « Je me suis rendue compte que les femmes comprennent mal aujourd’hui le féminisme. Il faut qu’elles s’admettent telles qu’elles sont et qu’elles puissent avouer rêver encore au prince charmant sans avoir l’air ridicules. Les copines qui préféraient à l’époque une vie sans homme ont aujourd’hui atteint la cinquantaine. Elles sont seules, sous prosac et passent leur vie à se lamenter ».
« L’humilité, pour nous, c’est de reconnaître qu’on a toutes besoin d’un homme et qu’en le disant, on n’a pas l’air de gourdes », ajoute Marielle Gallet.
Pour elle, cette prise de conscience ne peut qu’être bénéfique. « Si l’on sait faire sentir aux hommes qu’on a besoin d’eux, ils iront, eux aussi, beaucoup mieux ».
Un argument que les sénateurs auraient très certainement pu prendre en compte ces dernières semaines.
« Je dirai simplement aux femmes qu’elles ne se fourvoient pas dans des combats inutiles. Elles ont mieux à faire dans la vie professionnelle qu’à l’Assemblée nationale ou au Sénat… ».
Une femme au-dessus de tout soupçon
Revenons maintenant au roman de Marielle Gallet. Il y a des jours comme cela où l’on oublie tous ses beaux principes et l’on fait des choses que l’on aurait jamais imaginé être capable de faire.
Florence, architecte de son état, mère de deux enfants, connaît de grosses difficultés professionnelles. Dans sa vie sentimentale, ce n’est pas terrible. Elle a vécu deux grandes histoires avec les deux pères de ses enfants mais les deux expériences ont échoué et se sont très mal terminées.
Ses aventures demeurent sans lendemain. Comme les projets architecturaux qu’elle véhicule au gré de sa passion pour les maisons en bois.
Un matin, elle fait table rase de son passé, de son quotidien et elle donne rendez-vous à un banquier très en vue. La peur au ventre, elle ne se dégonfle pas. Elle échange quelques mots avec l’homme qu’elle juge séduisant.
La conversation se poursuit dans une chambre d’hôtel. Lorsqu’il s’en va, Florence lui demande une coquette somme. Il paye et ferme la porte. Allongée sur le lit, elle soupire. « Dire que je viens de réaliser l’un de mes fantasmes les plus inavouables. Moi, la mère de famille, l’architecte, la femme libérée, bien sous tous rapports, j’ai enfin baisé pour de l’argent ».
Trop facile, serait rapidement tentée d’écrire Marielle Gallet. C’est lui qui reprend contact avec elle. Le poisson a mordu à l’hameçon. La passion naissante prend vite des allures de mer déchaînée. Les deux tourtereaux se rencontrent souvent et rapidement. Entre deux portes d’hôtels. Mais l’attirance est telle qu’elle devient indestructible.
Dès qu’elle quitte son amant, Florence retrouve son quotidien et son lot de problèmes. Sa secrétaire est en dépression, sa situation financière est catastrophique et son ex-mari s’acharne à lui faire mal. Atteint d’un cancer, il s’octroie son fils et le perturbe.
Amoureuse, Florence trouve quand même à chaque fois le moyen de se ressourcer et les quelques escapades qu’ils se font en amoureux, loin d’un quotidien gris, l’illumine.
Seulement voilà, il arrive le moment où l’on ne peut plus tricher. Et Florence est bien obligée de dire à son compagnon dans quelle situation financière elle se trouve. Reste à savoir comment cet ancien Golden boy peut réagir…
