Article du 28 mars 1974
[...] Marielle Gallet est une écorchée vive à l’âme poétique qui flambe et frissonne. Elle aime les images fascinantes, les phrases dorées par le miel des mots, quelques ombres tragiques projetées sur un texte, les senteurs troubles, les vertiges lunaires. Ainsi, sous sa plume, quatre personnages s’abandonnent à leurs fantasmes et se mesurent, s’affrontent plus exactement jusqu’à ce qu’un corps, bousculé par une voiture folle, retombe lourdement sur l’asphalte, un corps “tout rouge du velours et du sang” et qui ressemble “à un hibiscus écrasé sous un pas de géant”. Mais auparavant, il y a de biens jolies trouvailles : un éclat de rire comme un verre brisé, une étreinte coulant sur le sable, des êtres avides de vivre qui picorent les miettes de la terre, des visages déchiquetés par l’adoration…
Il s’agit d’un premier roman. L’auteur est un écrivain-né qui possède un beau tempérament. On est remué, conquis. Et l’on se prend à rêver malgré le monde dur et blessant, si implacable, qui nous entoure.
